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Malgré le fait de n’avoir jamais vu la carte, j’ai tout simplement assumé qu’il serait possible de courir le sentier de l’Estrie au complet. Il existait la vieille course Estrie 50 qui allait de Kingsbury à Orford et Sébastien Roulier l’avait parcouru seul d’Orford à Sutton. Donc quelque part au fond de mon esprit, je me disais que les deux sections pouvaient être jointes et courues en une seule. Je n’ai juste jamais pensé que je serais celui qui le ferait.

Toutefois, au début avril, quand il devenait évident que les courses estivales n’allaient pas avoir lieu à cause de la pandémie, l’idée de courir le sentier de l’Estrie devenait la chose évidente à faire. La deuxième chose évidente était de rallier ma troupe habituelle de course (quelques-uns de mes amis les plus proches) et d’en faire une aventure. Le but était de relever le défi, d’avoir du plaisir et d’explorer quelques sentiers qui se trouvaient tout près que nous n’aurions sûrement pas visités sinon.

J’ai fait des recherches sur l’itinéraire et j’ai présenté l’idée à mes amis, via Skype. Alexis Lussier et Alexandre Sauvageau ont tout de suite sauté sur l’idée, tandis que Paul Lavoie et Hélène Michaud étaient partants pour nous faire garder le rythme durant les différentes sections du sentier, et Catherine Tremblay et Karine Mousseau allaient agir à titre d’équipage, nous suivre en voiture et nous retrouver aux endroits où la piste croise la route.

Le prochain défi était de vérifier que la pleine longueur du sentier était bien accessible. Plusieurs sections du sentier passaient au travers de terrains privés et, au fil des ans, les droits d’accès de certaines sections ont été révoqués. Nous avons donc fait de la recherche en ligne et visité quelques endroits soit pour obtenir la permission d’accéder au sentier, soit pour trouver une façon de le contourner. Cela a pris un peu de temps mais éventuellement, nous avons tracé notre chemin et avions fixé la date de la course : le 26 juin à 18h.

Nous sommes partis à 18h15. La température tournait autour de 25 degrés avec beaucoup d’humidité, ce qui signifiait que l’hydratation allait être une partie importante de la course mais il ne faisait pas assez chaud pour transporter de grosses quantités d’eau et boire sans arrêt.

Puisque nous courions à un rythme moyen (donc pas à un rythme de course officielle), je planifiais mon apport de barres FRUIT2 à toutes les heures au lieu de toutes les 40 minutes et à chaque station d’aide, je ramassais une poignée de chips ou un morceau de notre barre prototype à base de pâte d’amandes pour contraster le goût salé au goût sucré des gels. C’était aussi plus rassasiant au fil des heures. Alexis suivait un protocole similaire et avec la nuit qui tombait, cette stratégie nous servait bien : le rythme était bon, l’énergie était au rendez-vous et surtout, les blagues coulaient à flots.

La nuit était humide alors nous sommes arrêtés régulièrement pour remplir nos bouteilles d’eau dans les ruisseaux que nous croisions (procurez-vous une bouteille d’eau à filtre, c’est invention bien pratique). Je callais une bouteille d’eau au ruisseau et je repartais avec une bouteille pleine, à laquelle j’ajoutais un electro2. L’electro2 a une teneur plus élevée en sodium que la plupart des comprimés d’électrolytes alors je n’étais pas trop inquiet de l’effet dilué de 2 bouteilles par comprimés, étant donné que je mangeais des aliments salés aux stations d’aide.

Avant de traverser le Mont des Trois Lacs (qui est une montée raide et technique, suivie d’une descente toute aussi difficile), nous avons décidé de prendre une pause « nouilles » à la prochaine station d’aide afin de nous aider à traverser le parc Orford pendant la nuit. 

 

Nous avons atteint la prochaine station d’aide prêts à grignoter. Nous avons dévoré des pommes de terre bouillies, des sandwichs au beurre d’arachides et confiture et les nouilles que nous avions commandées plus tôt. J’ai aussi débouché un Red Bull pour un petit boost nocturne de caféine. Nous portions nos manteaux en mangeant parce que nous étions détrempés de sueur et dès que nous produisons moins de chaleur, nous avons froid plus rapidement. La bouffe ingérée et les boissons caféinées callées, nous étions prêts à repartir pour la nuit.

Le terrain technique au travers du Mont des Trois Lacs a aggravé la vieille blessure à la cheville d’Alex et ça commençait à paraître. Pendant que l’énergie était sans limites sur les montées et les sections moins raides des sentiers, il ralentissait considérablement lors des descentes et par le temps qu’on arrive à la moitié du parc et à notre station d’aide, il a décidé qu’il était temps de s’arrêter pour éviter d’empirer sa blessure. Dès que nous sommes arrêtés à la station d’aide, les maringouins se sont jetés sur nous comme la pauvreté sur le monde alors nous avons rempli nos bouteilles et avons immédiatement continué notre chemin.

L’arrêt plus court à la station d’aide m’a toutefois rattrapé. J’avais remarqué que mon niveau d’énergie n’était pas super depuis le début mais puisque je gérais mon apport adéquatement, je me suis dit que c’était « une de ces journées ». Par contre, l’ascension plutôt raide de « L’escalier du Nord » vers la crête a été lente pour moi et à la tombée de la nuit, je commençais à réaliser que j’avais une petite baisse d’énergie. Il était donc temps de reprendre un peu de caféine, sous la forme d’une FRUIT3 au cassis.

Malgré la lenteur physique, 70km dans les jambes et une nuit presque complète à courir, j’étais tout de même alerte (merci caféine!) et alors que nous approchions le premier point de vue le long du Sentier des crêtes, la lumière du jour se faisait sentir et nous avons assisté à un lever de soleil parfait au Pic de l’Ours.

C’était une descente raide depuis le sommet du Mont Orford jusqu’au stationnement du lac Orford, où se trouvait notre prochaine station d’aide. Mais c’était un arrêt déjeuner et au menu se trouvaient des burgers Beyond Meat et du café, deux puissants facteurs de motivation pour ne pas traîner et poursuivre notre chemin rapidement.

Les burgers, le café, les rayons de soleil et une bande de nouveaux amis qui se joignent à nous pour la prochaine étape nous ont redonné de l‘énergie pour la deuxième moitié de la course. Arnaud Côté Boisvert, l’aventurier de plein air et athlète xact, s’est joint à nous à ce moment pour courir jusqu’à Sutton, pour tenter sa plus longue course en sentier jusqu’à date. Après la grosse montée du Mont Orford, nous retrouvions un terrain plus lisse pour les prochains 30km. Ceci nous a permis de demeurer concentrés sur l’approvisionnement régulier au lieu de focusser à naviguer le terrain.

La journée s’est toutefois réchauffée bien assez vite et nous avons dû mettre l’emphase sur l’hydratation. L’équipage a fait un travail fantastique à garder un œil sur nous, s’assurant que nous buvions et mangions régulièrement.

La matinée se déroulait bien et nous dépassions les 100km lorsque la douleur du vieux nerf sciatique d’Alexis a commencé à lui jouer des tours. Alors que nous courrions au-dessus du Mont Foster, la douleur a commencé à le ralentir et nous avons pris du temps à la prochaine station d’aide pour voir si Catherine (la physiothérapeute) ne pouvait pas l’aider un peu. Malheureusement, les choses ne se sont pas améliorées alors tout comme Alex, Alexis a décidé d’en rester là pour la journée afin de ne pas empirer la situation.

Il ne restait donc qu’Arnaud et moi pour courir les 13km qui menaient à la station de ski du Mont Glenn. Malgré la surface plus lisse de la gravelle, c’était une section difficile avec la chaleur du soleil de mi-journée qui nous tombait dessus. Nous comptions les kilomètres et buvions tous nos liquides. Par le temps que nous arrivions à notre prochain point de rencontre, je rêvais d’un breuvage froid. Ça devenait plus difficile de manger alors j’ai opté pour quelques breuvages sucrés que l’équipage avait achetés au dépanneur.

Comme il arrive souvent après une longue période à courir (ou même après une longue journée de travail), nous commençons à avoir des envies particulières de nourriture et de breuvages. Dans ce cas-ci, c’était du Gatorade et du Coke, suivi de quelques chips salées (le contraste au goût sucré). Du sucre, de la caféine et du sel… tous les groupes alimentaires, non?!

 

À partir d’ici, il nous restait environ 30km à faire et ils s’avéraient les plus difficiles avec plus de 1000m de piste simple, verticale et technique, jusqu’au village de Sutton. Je courrais toujours sur les sections plates et en descente mais je choisissais de marcher à un bon rythme les sections en montée. La caféine semblait avoir moins d’effet sur moi à ce point et mon esprit s’éloignait souvent de la tâche à accomplir. Heureusement, Hélène s’est jointe à nous pour la montée au pied du Mont Singer et, comme un métronome, elle me rappelait de continuer de boire et manger en chemin.

 

J’avais délibérément mis de façon aléatoire des barres FRUIT2 dans mon sac et ma ceinture. J’ai donc pigé une barre. C’est un petit truc bien pratique : je sais que je vais manger ce que j’ai en main au lieu de choisir ma saveur préférée et finir par être tanné de la même saveur, encore et encore. Cette fois, j’avais aussi le bonheur d’avoir quelques morceaux de notre barre prototype à base de pâte d’amandes dans le lot. Le truc fonctionnait et les kilomètres passaient rapidement.

Nos réserves d’eau venaient d’être vidées quand nous sommes tombés sur une station d’aide dans les bois, entre le Mont Echo et le Mont Signer. Lawrence, Marianne, Catherine et Alexandra étaient montés du stationnement du Mont Echo avec des breuvages, des chips et des sandwichs. 

 

Ce fut un énorme coup de pouce de voir qu’ils étaient venus à notre rencontre aux abords du sentier alors nous avons pris un moment pour collationner et discuter avec eux avant de pousser vers le sommet du Mont Echo. Nous commencions à sentir la fin du parcours.

 

Après qu’Arnaud et moi ayons quitté l’équipage et pris la direction du Mont Echo, les choses ont commencé à devenir folles: les sentiers entre le Mont Singer et le Mont Echo étaient beaucoup moins fréquentés que ceux de Round Top ou du Mont Orford et à quelques reprises, nous nous sommes retrouvés pris en embuscade par des perdrix nichées dans les sous-bois; leurs claquements d’ailes et leurs cris soudains ont suffi à nous faire sursauter et l’adrénaline était telle que nous avions l’impression d’avoir bu 6 shots d’espresso d’un coup… surtout après une nuit sans sommeil.

La fatigue est une chose bien étrange. Même après une seule nuit sans sommeil, notre esprit peut nous jouer des tours. Plus d’une fois, j’ai cru que nous étions surveillés par des silhouettes à capuchon au fond des bois, de grands êtres immobiles qui patrouillaient la forêt en silence. À chaque fois, elles se sont révélées être de vieux troncs d’arbres moussus. Mais pendant un moment, l’esprit prend un chemin différent du plus évident (pas étonnant qu’il existe des fables et des histoires de monstres). C’est une chose de voir des choses… mais c’est assez déconcertant quand vous commencez tous les deux à les voir!

Malgré les monstres à capuchon et les perdrix bondissantes, nous avons continué jusqu’à Round Top, où Catherine et Hélène avaient décidé de faire une randonnée pour nous rattraper au coucher du soleil. Leur super réputation en tant qu’équipage n’a pas déçu alors qu’elles nous ont offert des Gatorades et des FRUIT2 supplémentaires.

 

À partir de là, c'était en descente et nous avons accéléré le rythme à mesure que la nuit tombait. Il y avait une certaine excitation de savoir que nous étions sur la dernière étape de la course et nous étions impatients de descendre en ville pour voir l'équipage (et attraper les dernières commandes au bar). À mi-chemin, nous avons rencontré Lawrence et Marianne qui nous ont rejoints pour la dernière étape. Lawrence a mis de la musique sur son téléphone pendant que nous descendions la piste Villageoise vers la ville et nous avons couru en sachant que nous serions bientôt à l'arrivée. Nous avons atteint la rue Principale du village de Sutton et avons tourné à gauche vers la brasserie L'Abordage, qui était notre destination finale. Et avec des accolades et des high-five tout autour, nous sommes arrivés juste à temps pour la dernière tournée!

Distance entier: 141.82 kms
D+: 5831 m
Temps en mouvement: 20:06:35
Temps totale: 27:50:17



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